Définition
Revente LMNP
Cession, entre particuliers, d'un logement meublé exploité sous statut de Loueur Meublé Non Professionnel dans une résidence services gérée, avec reprise du bail commercial en cours par l'acquéreur.
Le principe de la revente LMNP en ancien géré
Acheter en revente LMNP, c'est reprendre un logement meublé situé dans une résidence gérée (EHPAD, étudiante, seniors, tourisme, affaires) déjà en exploitation. Le vendeur est un particulier, le bien est loué à un exploitant par un bail commercial que vous reprenez tel quel. Vous devenez propriétaire d'un mur qui produit déjà un loyer, sans période de commercialisation ni montée en charge locative.
Trois avantages concrets par rapport au neuf : le bien a un historique de loyers et d'exploitation que l'on peut analyser ; le prix d'entrée est généralement plus bas qu'un équivalent neuf ; et vous récupérez un bail en cours, donc un rendement lisible dès le premier jour. En contrepartie, tout se joue sur deux points que l'on vérifie systématiquement : la solidité de l'exploitant et les termes du bail commercial que vous reprenez.

La réforme 2025 : la réintégration des amortissements, en clair
Jusqu'en 2025, un investisseur LMNP au régime réel bénéficiait d'un double avantage : il déduisait chaque année un amortissement qui réduisait ou effaçait l'impôt sur ses loyers, et cet amortissement n'était pas repris au moment de la revente. La loi de finances pour 2025 (art. 84) a mis fin à ce cumul en créant un III à l'article 150 VB du code général des impôts.
Depuis les cessions réalisées à compter du 15 février 2025, le prix d'acquisition retenu pour calculer votre plus-value est diminué des amortissements que vous avez déduits pendant la détention. Résultat : une base de plus-value plus lourde, donc un impôt de cession plus élevé. En clair, l'amortissement du régime réel n'est plus systématiquement un gain définitif — pour certains types de résidences, il devient un gain différé que l'on « rembourse » en partie à la revente.
Deux précisions importantes. D'abord, cette réforme ne touche que le régime réel : au micro-BIC, aucun amortissement n'est déduit, donc il n'y a rien à réintégrer. Ensuite, elle n'a pas modifié le barème ni les abattements de la plus-value des particuliers : seule l'assiette (le prix d'acquisition) change.
Les résidences hors champ : l'amortissement reste acquis
La loi prévoit une liste limitative de résidences pour lesquelles la réintégration ne s'applique pas. Le critère n'est pas la présence de services para-hôteliers, mais la nature agréée de l'établissement. Sont exclus de la réintégration (l'amortissement reste un gain définitif) :
- les EHPAD et établissements pour personnes handicapées (6° ou 7° du I de l'article L. 312-1 du code de l'action sociale et des familles) ;
- les résidences étudiantes et pour jeunes en formation (articles L. 631-12 et L. 631-13 du code de la construction et de l'habitation) ;
- les résidences services seniors gérées (relevant de l'agrément « services à la personne », art. L. 7232-1 du code du travail, ou de l'autorisation de l'article L. 313-1 du CASF) ;
- les établissements de santé délivrant des soins de longue durée.
Restent concernées par la réintégration — l'amortissement y est repris à la revente : les résidences de tourisme, les résidences d'affaires, et toute résidence seniors sans l'agrément ou l'autorisation requis. Pour ces biens, l'avantage fiscal du régime réel est un décalage de trésorerie, pas un gain effacé à la sortie. C'est une information que l'on pose clairement avant tout achat, jamais après.

Le piège TVA : régularisation par vingtièmes et dispense 257 bis
C'est souvent le point le plus lourd d'une revente en résidence gérée, plus encore que la réintégration d'amortissement. À l'achat d'un logement neuf en résidence services, la TVA (20 %) est généralement récupérée. En contrepartie, l'administration considère que le bien doit rester exploité avec services pendant 20 ans.
Si vous revendez avant ce délai, une régularisation de la TVA initialement récupérée peut être exigée, calculée par vingtièmes en fonction des années restantes (art. 207 de l'annexe II au CGI). Exemple de principe : une revente au bout de 10 ans peut entraîner le reversement d'une fraction correspondant aux années non courues.
La bonne nouvelle : dans le cas habituel d'une revente LMNP, l'acheteur reprend le bail commercial et poursuit l'exploitation. La cession est alors considérée comme la transmission d'une universalité de biens et dispensée de TVA (art. 257 bis du CGI) — aucune régularisation à opérer. C'est pourquoi la reprise du bail par l'acquéreur est un point structurant : bien montée, l'opération n'a pas de coût TVA. On vérifie ce mécanisme dossier par dossier, car une revente mal cadrée sur ce point peut coûter cher.
Ce qui protège l’acheteur
« La cession est alors considérée comme la transmission d’une universalité de biens et dispensée de TVA (art. 257 bis du CGI) — aucune régularisation à opérer. »
Durée de détention et abattements de plus-value
La revente LMNP relève du régime de plus-value des particuliers (articles 150 U et suivants du CGI), inchangé par la réforme 2025 sur ce plan. La plus-value brute (prix de cession moins prix d'acquisition, ce dernier désormais minoré des amortissements pour les biens concernés) bénéficie d'abattements pour durée de détention :
- exonération d'impôt sur le revenu à partir de 22 ans de détention ;
- exonération des prélèvements sociaux à partir de 30 ans seulement — les deux cadences sont distinctes, il ne faut pas les confondre ;
- une surtaxe s'ajoute au-delà de 50 000 € de plus-value nette imposable.
Conséquence pratique pour un acheteur : plus vous détenez longtemps, plus l'abattement absorbe la base — y compris la base gonflée par la réintégration d'amortissement pour les résidences de tourisme et d'affaires. L'horizon de détention est donc un paramètre de décision central, à définir avant d'acheter.

Ce que ça change concrètement pour un acheteur aujourd'hui
Pour vous qui achetez en 2026, la réforme 2025 ne rend pas la revente LMNP moins intéressante — elle la rend plus sélective. Le type de résidence détermine désormais la fiscalité de sortie :
- EHPAD, résidence étudiante, résidence seniors agréée : l'amortissement reste un gain définitif. L'argument rentabilité est solide, avant comme après la revente.
- Résidence de tourisme, résidence d'affaires, seniors non agréée : l'amortissement devient un gain différé. Le placement peut rester pertinent, mais sur d'autres leviers (décalage de trésorerie, abattements de durée) — et il faut le choisir en connaissance de cause.
Concrètement, acheter en revente LMNP aujourd'hui suppose trois vérifications avant de signer : la nature et l'agrément de la résidence (qui fixe la fiscalité de revente), la solidité de l'exploitant et les termes du bail commercial repris (qui fixent le rendement réel), et le traitement de la TVA (reprise d'exploitation = dispense). C'est exactement l'accompagnement que l'on vous apporte.
Votre rendement net, calculé sur vos chiffres
Trois minutes, aucune coordonnée demandée avant le calcul — sur le prix, le loyer en place et votre situation, pas sur une moyenne de marché.
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Pourquoi l’accompagnement d’un professionnel change tout
La revente LMNP est un marché discret : les biens ne s’affichent pas sur les portails grand public, ils circulent par mandats entre professionnels. Sans accès à ce circuit, vous ne voyez qu’une fraction de l’offre — et rarement la meilleure.
C’est aussi un marché où la valeur ne se lit pas sur la photo. Deux logements identiques peuvent valoir très différemment selon le loyer en place, son indexation, la répartition des charges, l’échéance du bail et la solidité de l’exploitant qui le signe. Lire un bail commercial et juger un gestionnaire, c’est le cœur du métier — pas un détail que l’on découvre chez le notaire.
Enfin, tout ce que ce guide décrit — le sort des amortissements, la TVA, la plus-value — se joue au moment d’acheter, pas au moment de revendre. Être accompagné, c’est prendre ces décisions au bon moment, avec les bons chiffres, sur le bon bien.
Qui vous accompagne
Hervé Voirin, conseiller en gestion de patrimoine, spécialiste du financement et de l’investissement immobilier depuis quinze ans. La vente est réalisée sous sa carte professionnelle de transaction, dans le cadre d’une délégation de mandat — aucun honoraire à votre charge au titre de la vente.
Comment acheter en revente LMNP
1
Définir votre objectif et votre horizon
Durée de détention prévue, effort d'épargne acceptable, priorité au rendement ou à la fiscalité de sortie. C'est ce qui oriente le type de résidence.
2
Choisir le type de résidence en connaissance de la fiscalité de revente
EHPAD, étudiante et seniors agréée pour un amortissement définitivement acquis ; tourisme et affaires pour d'autres leviers, en toute transparence.
3
Analyser le bien et son exploitant
Solidité du gestionnaire, historique des loyers, termes du bail commercial repris, agrément ou autorisation de la résidence. C'est le contrôle qui protège votre rendement réel.
4
Vérifier le traitement TVA
Confirmer que la reprise du bail par vous, acquéreur, place l'opération sous la dispense de l'article 257 bis, sans régularisation.
5
Simuler le rendement et la fiscalité, réforme 2025 intégrée
Micro-BIC ou réel, réintégration d'amortissement selon le type, abattements de durée : une simulation honnête sur votre cas.
6
Sécuriser le financement et signer
Montage du prêt, orientation possible vers un expert-comptable pour la gestion LMNP, puis acquisition sous mandat.
Questions fréquentes
Qu'est-ce que la revente LMNP ?
C'est l'achat, à un particulier, d'un logement meublé situé dans une résidence services gérée et déjà loué à un exploitant. Vous reprenez le bail commercial en cours et percevez un loyer immédiat, à un prix généralement inférieur au neuf équivalent.
Régime BIC de la location meublée : art. 35 (I, 5° bis), 50-0 et 39 C du CGI ; BOFiP BOI-BIC-CHAMP-40-20.
La réforme 2025 rend-elle la revente LMNP moins intéressante ?
Pas moins intéressante, plus sélective. Depuis le 15 février 2025, l'amortissement est réintégré dans la plus-value à la revente (art. 150 VB III du CGI), sauf pour les résidences hors champ (EHPAD, étudiante, seniors agréée). Le type de bien détermine désormais la fiscalité de sortie.
Légifrance, art. 150 VB III CGI ; loi de finances pour 2025, art. 84.
Vais-je devoir rembourser de la TVA en revendant ?
En principe non, si l'acheteur reprend le bail et poursuit l'exploitation : la cession est alors dispensée de TVA (art. 257 bis du CGI). Une revente qui interromprait l'exploitation avant 20 ans peut en revanche entraîner une régularisation par vingtièmes (art. 207 annexe II CGI). On sécurise ce point dossier par dossier.
Légifrance, art. 257 bis CGI ; art. 207 annexe II CGI.
Le micro-BIC échappe-t-il à la réintégration des amortissements ?
Oui. Au micro-BIC, aucun amortissement n'est déduit : il n'y a donc rien à réintégrer à la revente. En contrepartie, vous perdez la déduction pendant la détention. L'arbitrage micro-BIC / réel se joue sur votre durée de détention et le niveau de vos loyers.
Régime micro-BIC, art. 50-0 du CGI.
Quand suis-je exonéré de plus-value sur un bien LMNP revendu ?
L'impôt sur le revenu est exonéré après 22 ans de détention, les prélèvements sociaux après 30 ans — les deux cadences sont distinctes. Une surtaxe s'applique au-delà de 50 000 € de plus-value nette. Ces règles relèvent du régime des particuliers, inchangé par la réforme 2025.
Légifrance, art. 150 U et suivants CGI ; art. 150 VC CGI ; art. 1609 nonies G CGI (surtaxe).